QUI SOMMES-NOUS ?

Qu'est-ce que l'Amicale Briennon Plaisance (ABP) dans la loire ?

HISTORIQUE

Création et début de l'amicale ABP jusqu'à nos jours.

LE BUREAU

Les administrateurs composant le bureau.

LES STATUTS

Les différents statuts concernant l'ABP.

Logo ARF

« En 2007 notre canal a bien failli disparaître suite à l'ouverture d'une brèche importante dans sa digue droite en aval de Briennon. Il se disait alors qu'il était souhaitable de le combler. Il aurait suffit alors d'enfouir des buses sous son ancien lit pour maintenir sa fonction d'alimentation en eau du canal Latéral à la Loire. Déjà, le coût des travaux de réfection servait de prétexte à cette volonté d'abandon d'un patrimoine historique, économique, environnemental et touristique. Les plaisanciers, notamment ceux de Briennon déjà constitués en association, entamèrent alors une énergique action de sauvegarde de notre voie d'eau qui ne s'est pas démentie depuis.

Non seulement la brèche fut réparée, comme celle qui suivit deux ans plus tard sur la digue gauche en amont de Luneau, mais, par la suite, le canal fut reclassé sur la foi d'une bathymétrie organisée par les plaisanciers. Ensuite, d'énormes travaux de réfection furent menés par VNF dans le chenal de la tranchée d'Artaix, pour la consolidation des berges dans les points les plus critiques et plusieurs écluses et ouvrages d'art furent remis en état.

Aujourd'hui le canal de Roanne à Digoin peut être navigué par des péniches chargées à 200T. Ses deux ports de plaisance sont pleins à craquer et refusent régulièrement l'amarrage de nouveaux bateaux qui doivent s'inscrire sur des listes d'attente. Ainsi donc en matière de plaisance le succès de notre voie d'eau et de ses aménagements est incontestable. Cette année encore, la fréquentation des bateaux de plaisance sur notre canal a encore progressé ce qui n'est malheureusement pas le cas sur la plupart des voies navigables de notre pays. L'aménagement du chemin de halage en voie verte a encore accentué son attraction touristique. Nous nous réjouissons de voir se multiplier rapidement les cyclistes, joggeurs, promeneurs et amoureux de la nature sur son parcours.

Ce tableau serait encore plus beau si ceux que l'on appelle les décideurs locaux s'étaient un tant soit peu impliqués dans l'utilisation commerciale logistique de ce mode de transport comme nous leur suggérons depuis plus de 11 ans maintenant sans aucun résultat.

Lundi dernier, le projet de loi d'orientation des mobilités a été présenté au gouvernement par Elisabeth Borne. Ce texte se structure autour du rapport présenté en février dernier par le Conseil d'orientation des Infrastructures. Et ce dernier, dans un contexte budgétaire contraint, comme le dit notre députée Nathalie Sarles dans un courrier qu'elle nous a adressé en juin dernier, plaide pour la dé-navigation de 2.000km de voies fluviales sur le territoire. De son propre aveu, le budget alloué à VNF lui permet uniquement d'engager des investissements pour le maintien de la fonction hydraulique de nos différentes voies navigables.

Selon les annonces faites par Madame la ministre, l'État prévoit de consacrer à la régénération et à la modernisation des voies navigables 110 M€ par an entre 2019 et 2022, puis 130 M€ par an entre 2023 et 2027. En y ajoutant les capacités d'investissement propres de VNF estimés à 30 M€, cela permettraitd'atteindre un budget d'environ 140 M€ par an à partir de 2019, puis 160 M€ par an à partir de 2023.

Or, le rapport du Conseil d'Orientation des Infrastructures (COI) remis au gouvernement, a confirmé l'état de dégradation très préoccupant du réseau, conséquence de décennies de sous-investissement. Faisant siennes les conclusions d'un audit externe réalisé récemment pour évaluer les besoins de restauration de l'infrastructure fluviale, il a indiqué que pour maintenir la fonction navigation sur l'essentiel du réseau, un budget d'investissement de 245 M€ par an serait nécessaire pendant 10 ans. In fine, le COI a proposé un scénario minimal de 210 M€ par an ce qui implique le principe d'un abandon de la fonction navigation sur 20% du réseau.

Ce scénario de fermeture à la navigation est une option inacceptable qui remet en cause les orientations de report modal pourtant jugées impératives tant au Grenelle de l'Environnement qu'à la COP21. À travers cette mesure inique, ce sont encore des territoires ruraux entiers comme le notre qui vont être abandonnés au profit des grandes métropoles urbaines là où sont déjà concentrés les grands flux logistiques. Selon les propres chiffres fournis dans le rapport du COI, fermer 20% du réseau entraînerait une économie d'environ 25 M€ par an pendant 10 ans. À titre de comparaison c'est l'équivalent d'environ 2 km d'autoroute ou 1 km de voie ferrée, et sur 10 ans, soit 250 M€, c'est le montant de ce qu'il est envisagé d'investir pour améliorer la liaison routière entre le port de Fos sur Mer et l'autoroute.

C'est un véritable S.O.S que nous adressons à la population roannaise et aux décideurs politiques et économiques locaux. Il faut rapidement en finir avec le désintérêt institutionnel entretenu par de trop nombreux responsables locaux. Depuis plus de 10 ans nous mettons toute notre énergie pour démontrer que l'avenir de notre voie d'eau, et ce pour de multiples raisons, passe nécessairement par le retour du fret fluvial. De réelles potentialités existent. Des projets de transport par la voie d'eau au départ de Roanne ont été étudiés et n'ont pas abouti par manque de conviction et d'engagement des acteurs concernés. D'autres projets sont à l'étude notamment avec Nexter et une péniche-hôtel. Va-t-on s'en emparer sérieusement et mettre enfin autour d'une table tous ceux qui sont concernés par ce problème ?

Jusqu'alors, pas un centime d'argent public de nos collectivités n'a été consacré au retour des péniches sur notre canal alors que des sommes énormes ont été dépensées pour la venue du TGV avec le brillant résultat que l'on connaît aujourd'hui. Et si nous ne parvenons pas à empêcher la dé-navigation sur notre canal, ce sont nos deux ports qui vont disparaître ainsi que les « Marins d'Eau Douce » à Briennon.

Au terme de cette introduction, Charles nous apprenait cependant qu'il avait reçu le matin-même un appel téléphonique de l'attaché parlementaire de Madame Nathalie Sarles, notre députée, nous informant que le texte mentionnant la dénavigation de 20% du linéaire avait été supprimé du projet de loi. Cette bonne nouvelle fut accueillie dans la joie, mais nous ne devons pas pour autant baisser la garde. Le couperet n'est pas passé loin (souvenons-nous du canal de Belfort, déjà fermé) et nous devons rester plus vigilants que jamais : ce projet, comme l'a fait remarquer René Lapallus, de par son expérience d'ancien conseiller général, peut très bien revenir sous la forme d'un amendement.

les gilets oranges ;-), conférence de presse.